Naviguer en Afrique de l’Ouest : sûr et intéressant ? Anne et Hugues en Allures 45 — Sénégal, Gambie, Bijagos
Parcourir les mers du globe en toute liberté est le rêve de nombreux navigateurs. Le plus souvent, les itinéraires suivent la classique « Coconut Route » autour du monde ou la boucle atlantique. L’Afrique, pour l’essentiel, reste une destination peu visitée, en raison d’une situation sécuritaire jugée incertaine dans de nombreux pays, mais aussi d’un manque d’infrastructures nautiques. C’est du moins l’idée reçue la plus répandue lorsqu’il s’agit de naviguer en Afrique. Une idée parfois fondée, parfois biaisée. Nous avons échangé avec Anne et Hugues, propriétaires d’un ALLURES partis pour un voyage autour du monde, et leur récit raconte une tout autre histoire. Mais d’abord, trouvons le bon bateau …
%20(1)%20(1)%20(1).png)
Naviguer et vivre à bord d’un ALLURES
Anne et Hugues naviguaient régulièrement une ou deux semaines par an et rêvaient de passer davantage de temps sur un voilier. Ce projet s’est concrétisé en 2020, lorsque Hugues a quitté son entreprise à 64 ans et qu’Anne, un peu plus jeune, a pris un congé de 18 mois. Le plan consistait à boucler l’Atlantique, puis à découvrir la Méditerranée. À cette époque, le couple ne possédait pas encore de bateau, mais il avait déjà une idée très précise du type de voilier qu’il lui fallait :
« Une coque aluminium, bien sûr, avec une dérive relevable et une taille comprise entre 40 et 45 pieds », explique Hugues. « Nous avons trouvé un bateau qui nous convenait quelques mois plus tard, quand j’ai finalement quitté mon travail, nous l’avons acheté et nous avons immédiatement emménagé à bord. »
.png)
Il s’agissait bien sûr d’un ALLURES 45, d’occasion, mais en parfait état. Comme le dit Anne, il avait toujours été le premier choix de son mari, un bateau rêvé. En larguant les amarres en mai 2021 depuis Lézardrieux, dans le nord de la Bretagne, le couple a entamé un voyage qui représente aujourd’hui 28 000 milles nautiques : naviguer l’été le long des magnifiques côtes françaises pour se sentir à l’aise à bord, acquérir de l’expérience en navigation et apprendre à connaître en détail le voilier. Ils ont préparé le bateau avec plusieurs aménagements pour le grand voyage, en organisant entièrement leur vie à bord. « Nous sommes actuellement en route vers le nord et nous atteindrons Key West, aux États-Unis, dans quelques jours », explique Anne. Quand on regarde leur itinéraire, c’est vraiment le genre de voyage dont beaucoup rêvent aujourd’hui …
%20(1).png)
Ils sont partis du Portugal, ont navigué via Porto Santo jusqu’à Madère, puis vers les Canaries. Jusque-là, un parcours assez « standard », mais ensuite ils ont quitté les sentiers battus. Leur voyage en Afrique de l’Ouest a suivi, un épisode que nous examinerons plus en détail un peu plus loin. Après ces semaines passionnantes, ils sont retournés à Las Palmas, aux Canaries, pour effectuer de la maintenance, ont passé trois mois au Cap-Vert, puis ont traversé l’Atlantique vers les Petites Antilles. Mais au lieu de naviguer dans les Caraïbes, VANUILY est descendu vers le sud jusqu’en Guyane française, où Hugues avait travaillé auparavant. « Ce n’est clairement pas un paradis pour les marins, car la Guyane française manque d’infrastructures nautiques, mais c’était pour moi quelque chose de très important sur le plan personnel… », explique-t-il. De retour dans les Caraïbes, un peu de maintenance a été réalisée à Trinité, puis sont venus Cuba, les Bahamas et une longue remontée vers le nord le long de la côte est des États-Unis et du Canada, avec un hivernage au Québec, sur le fleuve Saint-Laurent : territoire ALLURES !
%20(1).png)
Avec le bateau fraîchement préparé pour une nouvelle saison estivale, Anne et Hugues sont redescendus dans les Caraïbes, car il leur restait encore tant de destinations à découvrir. Après y avoir passé l’hiver, ils remontent maintenant à nouveau vers le nord. Ce qui est étonnant, c’est qu’Anne dit que cela n’avait jamais vraiment été leur « projet de vie » de devenir des marins aussi passionnés, même si tous deux aimaient être sur l’eau. « Hugues navigue depuis l’adolescence et il est devenu plus tard un skipper expérimenté, en naviguant dans de nombreuses régions du monde », explique Anne. « Pour ma part, j’ai toujours eu envie de naviguer, mais c’était plutôt dans un cadre de vacances, avec des amis ou en famille. Comme nos métiers ne nous permettaient même pas de rêver à de longs voyages en bateau, ce n’était jamais vraiment une idée sérieuse pour nous. » Puis la retraite est arrivée, et avec elle l’occasion de se lancer : « Pourquoi pas ? », dit Anne. La suite appartient à l’histoire.
« Pour nous, ce n’est pas là où le vent nous pousse… c’est surtout beaucoup de préparation. »
La liste des pays déjà visités par VANUILY ressemble à un véritable palmarès, ou plutôt à une carte idéale du grand voyage hauturier. Comme le couple suit bien sûr les saisons, les régimes d’alizés et les routes de navigation classiques établies depuis des siècles, il est loin de s’agir d’un voyage spontané. « Cela peut en donner l’impression, mais nous ne naviguons certainement pas là où le vent nous pousse, même si nous aimons saisir des opportunités ou suivre les recommandations d’amis ou d’autres navigateurs rencontrés en route », explique Hugues. Ils commencent généralement à préparer leurs prochaines destinations jusqu’à six mois à l’avance. Pourquoi ? « Certaines destinations demandent tout simplement davantage d’organisation, de démarches administratives, de visas, de permis », précise-t-il. « C’est valable pour des lieux exotiques comme la Guyane française, mais même des pays apparemment assez “ordinaires”, comme les États-Unis, demandent beaucoup plus de temps d’organisation. » Cela tient principalement aux restrictions de visa et aux autorisations nécessaires.
%20(1)%20(1).png)
Même si c’est très plaisant et enthousiasmant, cela représente en effet beaucoup de travail, dit Anne. « Mais il est impossible d’aller partout ! Et vous savez quoi ? Si nous manquons l’une de nos destinations “à ne surtout pas manquer”, ce n’est vraiment pas un problème pour nous. Nous sommes tellement heureux, et nous avons eu la chance de profiter de la navigation vers tant de belles destinations ! » L’une d’elles a été la côte ouest de l’Afrique, une destination de navigation assez controversée.
Sénégal, îles Bijagos et Gambie : naviguer en Afrique !
« Pourquoi l’Afrique ? », pourrait-on demander. Sur la côte ouest du continent, et plus encore plus au sud, vers le golfe du Bénin, les préoccupations en matière de sécurité sont nombreuses. De nombreux gouvernements émettent des alertes officielles, et piraterie, enlèvements contre rançon et autres activités criminelles y sont présentés comme monnaie courante. Est-ce vraiment le cas ? Pour Anne et Hugues, l’Afrique a été jusqu’ici la « découverte » de leur voyage en voilier. « Tout a commencé quand nous avons préparé notre départ des Canaries », nous raconte Hugues. « Comme nous avions des amis au Maroc, nous avons étudié la possibilité d’y aller. »

À ce moment-là, les pays commençaient tout juste à rouvrir après le Covid, mais le Maroc n’en faisait pas partie. Avec des frontières encore fermées aux plaisanciers, Anne et Hugues ont discuté avec l’équipage d’un voilier voisin, qui leur a raconté la Gambie, déjà ouverte.
« L’idée d’aller en Afrique, en dehors des routes habituelles de navigation, a commencé à germer dans nos esprits. Nous n’arrivions plus à l’en chasser ! », raconte Anne. « Découvrir des pays totalement nouveaux pour nous était tellement tentant. Nous avons donc commencé à étudier les possibilités et décidé de quitter les Canaries pour rejoindre d’abord Dakar. »
Et quelle surprise pour le couple de découvrir plusieurs voiliers français au mouillage ! Et, plus important encore : aucun problème, ni en route ni à destination.
.png)
À Dakar, ils ont décidé de naviguer en Casamance et d’aller finalement jusqu’aux îles Bijagos. Après y avoir passé quelque temps, ils ont mis le cap sur la Gambie avant de faire route vers le Cap-Vert. « Pour nous, l’Afrique était simplement un “plus”. L’Afrique nous attirait parce que c’était une expérience totalement nouvelle. Une incursion dans l’inconnu complet. » Aussi étrangère qu’elle puisse sembler, l’Afrique reste pourtant proche et intimement liée à notre héritage européen, jusqu’à aujourd’hui. L’esclavage en est un aspect, le colonialisme un autre, tout comme nombre des questions vivement débattues actuellement. En même temps, le « continent noir » exerce une fascination particulière, peut-être parce qu’il est le berceau de l’humanité. Anne et Hugues ont bien sûr étudié les zones à éviter et pris des précautions particulières. Finalement, leur décision d’aller voir l’Afrique de plus près s’est révélée extrêmement payante, comme ils nous l’expliquent.
" L’Afrique nous attirait parce que c’était une expérience totalement nouvelle. Une incursion dans l’inconnu complet."
Naviguer en Afrique de l’Ouest est-il sûr ?
C’est sans doute la question la plus importante, et Anne n’a pas besoin de réfléchir longtemps pour répondre : « Nous ne nous sommes jamais, au grand jamais, sentis en insécurité dans tous les endroits où nous sommes allés : Dakar, la Casamance, les îles Bijagos et la Gambie », dit-elle. « Pour la Gambie, nous nous sommes assurés que les récentes élections présidentielles n’avaient pas provoqué d’instabilité dans le pays. » Ils se tenaient informés et utilisaient toutes les sources disponibles pour planifier bien en amont. Quant aux îles Bijagos, le couple a d’abord hésité : ce magnifique archipel compte plus de 80 îles, dont beaucoup sont inhabitées. Depuis le début des années 2000, des efforts timides avaient permis le développement des premières activités touristiques, mais l’intégration récente des îles dans les réseaux de narcotrafic a compromis une grande partie de ces initiatives : il existe bien de réelles préoccupations en matière de sécurité.
%20(1).png)
« Pour aller aux îles Bijagos, nous avons d’abord hésité », explique Hugues. Le rôle de ces îles comme point d’entrée de la drogue en Afrique préoccupait beaucoup le couple. Mais une fois encore, la chance leur a souri : « D’autres plaisanciers que nous avions rencontrés à Dakar voulaient eux aussi s’y rendre. Nous avons rencontré un local qui se rend souvent aux Bijagos, qui nous a indiqué où aller pour les formalités et nous a transmis à tous beaucoup d’informations sur les endroits où aller. Et ceux à éviter. » Les connaissances locales et les informations de terrain ont toujours aidé les marins du monde entier à trouver leur chemin. VANUILY a donc mis les voiles et s’y est rendu avec deux autres voiliers. Et alors ? « Nous avons toujours été bien accueillis, dans tous les endroits où nous sommes allés ! » Il n’y a eu aucun danger perceptible. Au contraire, ils y ont forgé des souvenirs pour la vie.
%20(1).png)
Anne et Hugues parlent littéralement avec enthousiasme des îles Bijagos. Situées au large de la Guinée-Bissau, ces îles et îlots sont protégés en tant que site du patrimoine mondial de l’UNESCO et abritent des réserves de biosphère ainsi qu’une grande diversité d’écosystèmes, des mangroves aux savanes, des bancs de sable aux forêts de palmiers. C’est un paradis pour les ornithologues et les plongeurs. « C’est tellement beau ! », dit Anne. « Les enfants sont si accueillants ! » Avec quelque 30 000 habitants, dont beaucoup très jeunes, il est regrettable que l’évolution récente ait pris une si mauvaise direction. Peut-être que davantage de visiteurs pourraient ouvrir une autre voie ? Point intéressant à noter : la société des îles Bijagos repose sur un système matriarcal, ce qui mérite sans doute qu’on s’y intéresse de plus près.
L’équipement essentiel pour naviguer en Afrique de l’Ouest
Rester connecté à internet est indispensable pour les navigateurs hauturiers, le savent bien Anne et Hugues. En 2022, Starlink n’existait pas encore, et ils s’appuyaient tous deux sur Iridium Go pour les mises à jour météo régulières, la navigation et l’information. Aujourd’hui, bien sûr, Starlink est devenu leur principal moyen de connexion à internet. « Les cartes SIM peuvent aussi être utiles, au moins quand on est à portée du réseau GSM », explique Hugues. « Nous en avons accumulé une belle collection maintenant. Parfois il est difficile de les acheter, parfois on les achète directement sur les genoux de femmes assises dans la rue », dit-il en souriant. Il faut souvent montrer son passeport pour en obtenir une, ce qui peut être compliqué lorsque certains ports ou agents des douanes le conservent pendant les formalités d’entrée.
%20(1)%20(1).png)
Quant aux ports et aux marinas, Hugues sourit encore davantage : ils n’existent tout simplement pas, dit-il. « On est toujours au mouillage ! » À quelques endroits, il existe des zones comparables à des clubs nautiques, avec des club-houses ou des espaces de détente à terre, ou au moins un lieu de convivialité avec barbecue. « On peut aussi y rencontrer d’autres navigateurs, ce qui rend les escales plus intéressantes. Ils apportent les nouvelles ou les informations dont vous avez besoin pour votre prochaine étape ou votre prochaine destination. » Pour trouver les meilleurs mouillages, il y en a beaucoup, et il est utile de demander aux habitants. « Ce qui manque à l’Afrique en matière d’infrastructures, elle le compense par les services », explique-t-il.
« Il y a toujours des gens autour de vous prêts à vous aider de toutes les manières imaginables. À Dakar, vous trouverez The Diesel-Man, the Water-Man, Mrs Laundry, des marchés… l’offre de produits et de services est large. Ailleurs, dans les mouillages reculés, la gentillesse des gens aide aussi, et ils seront heureux de travailler pour vous. »
%20(1)%20(1).png)
« En arrivant finalement en Gambie, petit pays qui s’étire le long du fleuve Gambie, nous avons trouvé deux lieux principaux pour les plaisanciers : Lamin Lodge et Bintang Bolon. » Anne dit que les mouillages y sont très calmes, sans même une ondulation venue de l’océan. « Il existe même une petite organisation pour accueillir les yachts qui arrivent ! » Quant aux îles Bijagos, le couple avait d’abord prévu d’être totalement autonome pour l’approvisionnement en eau, carburant et nourriture, ce qui ne posait bien sûr aucun problème à bord d’un ALLURES bien équipé. « Mais nous avons vite découvert qu’il y avait plusieurs centres de pêche sportive proposant parfois une offre de produits très limitée. Nous pouvions parfois mouiller tout près et passer un peu de temps dans leur camp. » D’autres ports, comme Dakar ou Banjul, sont très fréquentés en raison de leur activité commerciale, et ils sont sales aussi. Dans la plupart de ces endroits, on ne peut même pas entrer à l’intérieur et il faut mouiller à l’extérieur. « Mais il y a toujours une solution », sourit-elle.
Les implications administratives de la navigation en Afrique
L’un des points qu’Anne et Hugues évoquent souvent, ce sont les efforts d’organisation nécessaires pour voyager « légalement » à bord de son voilier. Chaque pays peut avoir ses propres règles ou ses propres usages à l’entrée comme à la sortie, pour la douane et les formalités, et ces règles officielles peuvent être appliquées différemment selon l’agent que l’on rencontre. « Il faut souvent du temps pour comprendre le système et réussir à le traverser », explique Hugues.
« À Dakar et à Banjul, il nous a fallu plus d’une journée entière pour terminer les démarches. Même chose à Cacheu, mais nous avons en plus dû aller à Bissau, à plus de 50 km, dans un autre bureau de l’immigration, pour expliquer notre cas et finalement être admis officiellement. »
Il ne s’agit parfois que d’un tampon à obtenir, mais ils sont nombreux : « Douanes, autorisations de navigation et immigration, les bureaux ne sont pas proches les uns des autres et il faut trouver son chemin. » Mieux vaut donc être préparé, raison pour laquelle le couple commence généralement ses recherches très tôt, bien avant de partir vers une nouvelle destination.
.png)
« Si l’on a bien préparé ses recherches à l’avance, si l’on a la liste des documents nécessaires et les adresses des bureaux où les obtenir, la plupart des démarches légales peuvent être faites en une journée », confirme Anne. Pour les îles Bijagos, c’était plus compliqué. Un autre plaisancier rencontré à Dakar leur avait conseillé d’entrer dans le pays par Cacheu, en évitant Bubaque, jugée trop corrompue. Mais une fois à Cacheu, ils ont tout de même dû négocier un « prix ». Voilà pour la corruption. Certains habitants la combattent, d’autres non. « Donc, même si nous avons essayé de l’éviter, nous étions préparés à nous retrouver piégés et forcés de donner un peu de “bakchich”. » « C’est l’Afrique », disent-ils en souriant. « Toute une aventure… ! »
%20(1).png)
Mais ils insistent : il serait très injuste de réduire ces pays à la corruption. « Naviguer en Casamance, par exemple, vous rapproche des villages et des habitants. Ils nous ont accueillis et nous ont invités à chaque fête ! », raconte Anne. L’équipage de VANUILY s’est ainsi retrouvé à célébrer avec les villageois un mariage, le premier anniversaire d’un bébé, la fin de la saison du riz et bien d’autres événements encore.
« Par exemple, nous avons passé trois jours entiers avec une famille pour les festivités de la fin de la saison du riz. Une grande fête avec de magnifiques costumes, tout le monde était là ! Le riz est apporté dans les églises pour être redistribué aux plus pauvres. Nous avons aidé à moudre les grains et à préparer les repas avec la famille. Ce fut une expérience inoubliable ! »
Oui, il existe bien des aspects plus difficiles ou des réalités plus sombres qu’il faut accepter si l’on veut, en échange, découvrir l’immense richesse des paysages, des cultures et des rencontres.
Le top des découvertes d’Anne et Hugues : pourquoi il faut naviguer vers l’Afrique
Avec une telle expérience, nous leur demandons quelles ont été les choses les plus impressionnantes qu’ils ont découvertes là-bas et pourquoi cela pourrait aussi être une bonne idée pour d’autres navigateurs de s’y rendre. Anne répond :
« Nous avons découvert tellement de choses ! Par exemple, aux Bijagos, un monde très différent du nôtre, avec une société matriarcale. Il y a des reines qui dirigent les villages, qui décident de ce qu’il faut faire et quand le faire. C’est incroyable ! »
Hugues dit qu’il est encore ému par ces enfants souriants et heureux. « Malheureusement, nous avons aussi été témoins d’une grande pauvreté dans certains villages très isolés. Nous avons donné ce que nous pouvions, bien sûr, mais ce n’était ni suffisant ni assez. » Cela aussi, c’est l’Afrique.
%20(1).png)
« C’est encore un endroit très sauvage », disent-ils. « Les enfants courent vers vous non pas pour mendier, mais pour vous rencontrer, vous montrer leur école ou leur lieu de travail », ajoute Hugues. Anne évoque la végétation luxuriante et somptueuse, avec des arbres immenses et magnifiques. « Nous sommes restés émerveillés sous d’immenses baobabs et kapokiers, de magnifiques palmiers ou cocotiers ! » Besoin de lâcher prise un moment ? Les plages sont souvent très belles. « Ilha de Meio est encore aujourd’hui mon mouillage préféré, avec une plage de rêve, très isolée, une eau cristalline, du sable blond et des oiseaux ! » Il est difficile de sélectionner quelques incontournables, assurent-ils, tant il y en a.
%20(1)%20(1)%20(1).png)
En commençant par Dakar, le club CVD (Cercle de Voile de Dakar) dans la baie de Hann serait votre port d’entrée, en vous aidant pour toutes les formalités nécessaires à votre arrivée au Sénégal. « C’est une grande ville, sale et bruyante, mais il y a beaucoup de choses à visiter. Nous y avons passé dix jours. » À Saint-Louis, le couple a demandé une excursion fluviale, non pas à bord de VANUILY à cause des bancs de sable, mais sur le fleuve Sénégal, et l’expérience les a profondément marqués. En Gambie, Vanuily a pu remonter le fleuve jusqu’au pont Senegambia, mais pas plus loin, le mât étant trop haut. Mandori Creek est un incontournable, insistent-ils, tout comme Baboon Island ou Janjanburegh. « Beaucoup de beaux souvenirs nous reviennent maintenant que nous en parlons. Et l’envie d’y retourner », sourit Anne. « Si vous décidez d’aller aux îles Bijagos, après les formalités à Cacheu, le meilleur endroit pour commencer, à notre avis, serait la petite île de Kéré, au nord de Caravela », insiste Anne.
%20(1).png)
Quand on leur demande s’ils y retourneraient un jour, tous deux n’ont pas besoin de réfléchir bien longtemps : « Nous retournerions certainement naviguer en Afrique, si notre route nous y menait de nouveau à l’avenir. Bien sûr, nous ferions attention aux endroits où aller, afin d’éviter les pays où la piraterie pourrait exister. » Tous deux disent que le monde est si vaste, et qu’il y a tant de lieux et de personnes à découvrir… qu’ils ne peuvent pas aller partout. « Nous n’avons pas le sentiment de devoir absolument faire un tour du monde complet. En revanche, nous avons découvert la beauté des régions plus froides, comme le Canada ou Terre-Neuve. C’est précisément là que nous retournons actuellement en remontant vers le nord. Un contraste saisissant, mais c’est aussi ce que nous aimons le plus dans la navigation ! »
La bonne nouvelle, c’est qu’avec un voilier robuste, rapide et totalement autonome comme leur ALLURES 45, tout cela ne pose aucun problème : qu’il s’agisse de la chaleur tropicale de l’Afrique ou de la fraîcheur glaciale de Terre-Neuve.
FAQ – Naviguer en Afrique de l’Ouest
Peut-on envisager l’Afrique de l’Ouest dans un projet de grande croisière ?
Oui. L’expérience d’Anne et Hugues montre que l’Afrique de l’Ouest s’intègre naturellement dans un parcours de grande croisière. Elle offre une alternative aux routes classiques, avec des escales plus confidentielles et une navigation tournée vers l’exploration.
Quel type de voilier permet de naviguer sereinement dans ces zones ?
Un voilier fiable, robuste et autonome est déterminant. Dans leur cas, leur Allures 45 en aluminium, dériveur intégral, leur a permis d’aborder ces navigations avec confiance, notamment au mouillage et dans des zones peu équipées.
Pourquoi choisir un voilier en aluminium dériveur intégral pour naviguer en Afrique de l’Ouest ?
Un voilier en aluminium dériveur intégral combine deux atouts particulièrement adaptés à des zones comme l’Afrique de l’Ouest. La coque aluminium apporte robustesse et sécurité, notamment dans des zones peu cartographiées ou au mouillage, où les fonds peuvent être irréguliers. Le dériveur intégral permet quant à lui de réduire le tirant d’eau, d’accéder à des zones peu profondes et de mouiller plus près des côtes ou dans des abris naturels. Dans des régions comme la Casamance ou les îles Bijagos, cela offre une plus grande liberté de navigation et multiplie les possibilités d’escales.
L’autonomie est-elle un critère clé pour ce type de navigation ?
Oui. En Afrique de l’Ouest, la majorité des escales se fait au mouillage. L’autonomie en énergie, en eau et en avitaillement conditionne directement la liberté de navigation et la qualité de l’expérience.
Faut-il une grande expérience pour se lancer ?
Pas nécessairement. Ce type de projet repose avant tout sur une préparation sérieuse. Anne et Hugues ont construit leur parcours progressivement, en gagnant en expérience au fil des étapes.
Quelles sont les principales contraintes pour naviguer en Afrique de l’Ouest ?
Les formalités administratives peuvent être longues et complexes, avec des procédures variables selon les pays et les ports. Anticiper visas, autorisations et déplacements entre administrations est essentiel.
Peut-on trouver des ports ou faut-il mouiller ?
La navigation se fait majoritairement au mouillage. Les infrastructures portuaires sont rares, mais des services locaux (avitaillement, eau, assistance) sont souvent disponibles, notamment à Dakar ou en Gambie.
Quelles sont les clés pour réussir une navigation comme celle-ci ?
Anticiper les formalités, comprendre les spécificités locales et rester adaptable. Les échanges avec d’autres navigateurs et les connaissances locales sont également essentiels pour sécuriser et enrichir le parcours.
Pourquoi choisir des destinations comme l’Afrique de l’Ouest ?
Pour sortir des routes les plus fréquentées, découvrir des territoires encore préservés et vivre une navigation plus immersive. C’est une expérience qui privilégie les rencontres, la diversité culturelle et la nature.
En quoi cette navigation reflète-t-elle l’esprit Allures Yachting ?
Elle incarne une navigation libre, autonome et engagée. Pouvoir accéder à des zones isolées, mouiller en confiance et enchaîner des environnements variés correspond pleinement à l’usage d’un voilier conçu pour la grande croisière.
Quel voilier pour un projet de grande croisière comme celui-ci ?
Un voilier pensé pour l’autonomie, la sécurité et la polyvalence est essentiel. Le retour d’expérience d’Anne et Hugues à bord de leur Allures 45 illustre la capacité d’un voilier de ce type à accompagner des navigations longues, variées et hors des routes traditionnelles.
Vous envisagez un projet de grande croisière ?
Découvrez les voiliers Allures Yachting et échangez avec nos équipes pour concevoir un bateau adapté à votre programme de navigation.
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
.png)
%20(1)%20(1).png)
.png)
.png)

dernières actualités

dernières expériences






















